Bazar émotionnel

Si les objets étaient simplement des objets, ce serait simple de trier. Mais beaucoup de nos affaires ont une histoire plus ou moins longue. Certains sont fortement associés aux personnes qui nous les ont transmises. Et cela complique beaucoup les choses.

Alors, aujourd’hui, je vais te raconter un peu ma vie, parce que nos affaires génèrent parfois un gros chaos émotionnel.

D’abord, quelques éléments de contexte.

Je n’ai pas connu mes grands-parents paternels. Mais j’ai eu une Mamy que j’aimais énormément. C’était la cousine et marraine de mon père, elle avait 20 ans de plus que lui et n’avais jamais eu d’enfants. A ma naissance, elle est devenue ma grand-mère.

Je l’ai toujours considérée comme telle. Sauf que, dans la vie, les choses ne sont pas toujours aussi simples. Depuis son décès, j’ai découvert que pour elle je ne faisais pas vraiment partie de la famille. Et j’ai appris pas mal de choses qui remettent différents événements en perspective.

Je suis passée d’une situation claire au brouillard le plus total.

Les choses pourraient s’arrêter là, si après son décès je n’avais pas « hérité » de quelques objets. Des sacs, quelques bijoux et quelques couverts, que nous pensions de grande valeur. Il ne s’agissait pas d’objets que j’aimais ou que je trouvais beaux, mais j’espérais les vendre à bon prix pour m’offrir un très beau bijou dont je rêve depuis longtemps et qui aurait été un dernier cadeau de la part de ma grand-mère.

Les couverts à poisson de ma grand-mère, une partie de mon héritage.

Je les avais bien cachés chez moi, en attendant de m’en occuper, comme tous les autres objets sortants.

Mais dans une volonté de m’alléger de ces objets qui encombrent à la fois mes placards, mon esprit et ma liste de choses à faire, je les ai ressortis.

Alors, cet héritage ?

Ma belle-fille étant très calée pour tout ce qui est objets de luxe, je lui ai demandé une « expertise ».

Je suis tombée de très haut. Même le sac en crocodile offert par mon grand-père semble de qualité douteuse. Rien n’a réellement de valeur. Et, si je ne veux pas rester coincée avec ces objets, il va falloir que je les brade…

J’ai donc essayé tant bien que mal de fixer un prix « juste » aux sacs de ma grand-mère, en suivant les conseils de ma belle-fille, afin de poursuivre ma préparation pour la brocante.

Très clairement, j’ai bugué.

J’ai broyé du noir. J’ai fait taire mon cerveau en ébullition en l’abrutissant devant du mauvais replay. (Chacun sa stratégie face aux difficultés… il y en a c’est la drogue, l’alcool, le chocolat, moi c’est de mauvais films, des séries et/ou YouTube.)

J’ai pleuré, aussi. Beaucoup.

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J’étais coincée. Il y avait ce brouillard épais qui avait recouvert mes souvenirs de ma grand-mère, les sentiments ambivalents et la culpabilité qui allaient avec. Il y avait aussi le stress lié au fait de devoir prendre des décisions et de me poser des questions existentielles concernant la brocante. Et puis, le conflit de loyauté à l’idée de brader les affaires de ma grand-mère, la colère, la culpabilité (rebelote)…

… et me voilà en pleine crise d’angoisse.

Trier son bazar peut être très difficile émotionnellement. C’est tellement vrai. J’aurai vraiment aimé être accompagnée pour cette étape.

Ca aurait probablement été plus facile avec quelqu’un qui m’aide à rester centrée sur mes objectifs. Mais qui m’accompagne aussi, le temps de prendre du recul, de faire un peu plus mon deuil.

Quelqu’un qui m’apporte juste un peu d’empathie : « Oui. C’est vrai. C’est très difficile. Ça ira beaucoup mieux après, tu verras. Mais, pour le moment, tu traverses une étape normale. Et cette étape normale est extrêmement désagréable. Et ça va aller. »

Je broie du noir depuis hier (gorge serrée, au bord des larmes), sans trop savoir pourquoi, ni comment en sortir. Je sais que ce n’est qu’une étape. Mais qu’elle est dure à franchir !

Alors si toi aussi, tu es en plein dedans (ou si tu es passé.e par là), je compatis et je t’accompagne de loin.

« Oui. C’est vrai. C’est très difficile. Ça ira beaucoup mieux après. Mais pour le moment, tu traverses une étape normale. Et cette étape normale est extrêmement désagréable. Et ça va aller. »

Et toi ?

Tu as déjà été confronté.e à des réactions émotionnelles en triant ? Ou tout s’est-il bien passé ?

A moins que tu n’oses pas entamer ton désencombrement de peur d’être submergé.e par tes émotions ? Raconte-nous !

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